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Retour à Politique
> Elections 2002
SPECIAL: Dossier
Elections 2006
L'Octobre Brésilien
L'avant-première
Ce soir, vers 22 heures (heure locale), les Brésiliens chercheront
à se comprendre et, surtout, à définir la voie à
suivre après huit années d'une présidence marquée
par la fin de l'inflation, la stabilité relative des prix et la consolidation
de la démocratie. Le Rubicon n'est plus qu'à 48 heures devant
nous. M. Serra attend un renversment de tendance miraculeux du "Brésil
profond". Dans les derniers spots télé, avant que les
feux de la rampe ne s'éteignent, M. Da Silva convoque inlassablement
ses troupes à ne pas rester à la maison ces deux jours qui
manquent pour le grand jour, rêve et se dit certainement "à
nous deux, maintenant!".
Implacable, le compte à rebours a commencé...
Et 115.225.000 électeurs devront choisir entre le 13 (PT) et le 45 (PSDB),
taper ce numéro sur le clavier de l'urne électronique et appuyez sur le
bouton "CONFIRMA". Après quoi, seul le temps permettra de jouer le rôle
de la touche "CORRIGIR"... De toute façon, ce même dimanche
soir est prévu un super film brésilien vraiment très
bien: O auto da compadecida.
Etatisme et nationalisme (ou, passez à la caisse et attendez...).
De la fin de la deuxième guerre mondiale au début des années 80 la vie politique
et économique brésilienne reposait sur le binôme contrôle de l'état
et nationalisme. Des dizaines de livres ont été écrit à ce propos. Pour
avoir un téléphone chez soi (ou un mobile) il fallait débourser des milliers
de dollars à l'avance et attendre deux, trois, voire quatre années... Agravante:
il n'y avait ni où ni à qui se plaindre!
Une démocratie tâtillonne
De par leur nature, les Brésiliens sont patients, paisibles et hospitaliers,
personne n'en doute. Souvent la chance leur passe sous le nez, mais, "que
voulez-vous!" Deus é brasileiro (Dieu est Brésilien). Après 24 ans
de régime militaire que notre histoire n'arrive pas à bien
classer ("révolution" ou coup d'éttat?), le premier
civil à assumer le pouvoir décède le jour de sa prise
de fonctions (M. Tancredo Neves). C'était notre "Don't cry for
me..." Le Vice-président, un gros propriétaire terrien
du Maranhão et ancien adepte de l'ancien régime militaire,
M. José Ribamar (qui deviendra plus tard José Sarney) s'assied
sur le fauteil présidentiel pour assumer un pouvoir qu'il partagera
malgré lui avec M. Ulysses Guimarães, le président
de la Chambre des Députés. Cette élection indirecte
avait été avalée de travers. Les années Sarney
ont été une espèce d'auberge espagnole car, il est
vrai, le président ne détenait pas pleinement le pouvoir.
Le premier rendez-vous manqué
Lors des premières élections vraiment libres et directes, M. Luís Inácio
da Silva était déjà là et affrontait M. Fernando Collor. A la veille des
élections, lors du grand débat préparé par Globo, les révélations faites
par M. Collor sur la vie privée de "Lula" ont anéanti les prétentions de
ce dernier... Mais, comme la vengeance est un plat que l'on mange froid,
M. Collor a été chassé de la présidence à la suite de ténébreuses affaires
de corruption et banni de la vie politique du pays pendant 8 ans. En 1994,
M. Cardoso, alors ministre de M. Itamar Franco bat ce même Luís
Inácio da Silva, grâce aux acquis du Plano Real. Voir notre
commentaire sur ces années. Candidat à la réélection
en 1998, M Cardoso désamorce les critiques de l'opposition et remporte
les élections. Encore une fois, les commentateurs sont d'accord pour
dire que le dernier débat n'a pas été étranger
à cette défaite du principal leader de l'opposition, M. Luís
Inácio da Silva.
Des inventions brésiliennes
En cet octobre 2002, que de choses ont changé au Brésil! Les téléphones
sont tellement bon marché! Avec l'ouverture des marchés des années
Cardoso la technologie a fait
son entrée sur la scène économique et politique.
n L'urne électronique
Le Brésil a mis
au point une urne électronique qui est aussi banale que le fait de
retirer de l'argent dans un distributeur de billets de banque.
n La deuxième "invention"
brésilienne, est la transition gouvernementale mise au point par
le président Carsoso. Un espace spécialement réservé
à la future équipe gouvernementale est déjá
en place. Le président tiendra compte des orientations de cette prochaine
administration dans les actes dont la portée dépassera l'horizon
du 31 décembre 2002. 50 personnes y travailleront plein temps, avec
des salaires qui vont jusqu'à R$ 8.000,00.
Le débat... sans débat
n Enfin, la troisième invention est
plus spectaculaire: ce soir on assistera à un débat sans débat
direct entre les deux candidats à l'élection présidentielle...
Seuls les journalistes et "quelques électeurs indécis"
pourront poser des questions aux deux candidats. C'est la nouvelle règle
du jeu. A prendre note.
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