Autres
rythmes du Brésil
Plusieurs
rythmes enrichissent la musique brésilienne.
I. Du batuque
à la samba
n Le carimbó, le
rythme du Pará
Le batuque, c'est une "désignation
commune à certaines danses afro-brésiliennes accompagnées
de chansons et d'instruments de percussion" ou encore "l'acte de frapper
de manière répétée, de marteler, de faire du brtuit"
(Novo Dicionário Básico da Língua Portuguesa, FOLHA/AURÉLIO,
Edité par la FOLHA DE SÃO PAULO et NOVA FRONTEIRA). A noter également
le mot la batucada, qui veut dire le "rythme ou la musique du batuque"
ou encore "réunion populaire, généralement dans les
rues, où l'on joue de la samba avec des instruments de percussion, avec
un accompagnement vocal ou non" (Id.). Il faut noter aussi le verbe batucar:
"frapper de manière rythmée et répétée"
(Ibid.); puis, celui qui fait du batuque, le batuqueiro.
En
quelques mots, les Portugais nommaient batuque tous les rythmes et danses du Brésil
pendant la période coloniale, plus précisément entre les XVIe et XVIIe siècles.
Les calhandos (dans les Minas Gerais) ou calandus (le nom
courant à Bahia) étaient les noms des danses et de rythmes religieux
africains de la colonie qui sont également à l'origine de la samba.
Ceux-ci survinrent au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.
De
la ville à la campagne et vice-versa
De cette fusion voient le jour le
fofa, le lundu et le fado (XVIIe - XVIIIe s.), puis la modinha
et lundu-canção (XVIIIe et XIXe s.) dans l'environnement
urbain. D'un autre côté, dans les campagnes, celle-ci produit le jongo,
la samba et le coco, déjà plus proches de nous, car cette fusion
se passe déjà au cours du XVIIIe et au XIXe siècles, dans une aire géographique
qui va de São Paulo jusqu'au Nordeste du pays. Ces influences croisées
entre la ville et la campagne s'opèrent encore de nos jours. Le forró
en est l'exemple majeur, puisque ce rythme issu des campagnes gagne également
les villes. Mais, voyons le brassage de tous ces rythmes un peu plus en profondeur.
n fofa: la fofa était une dans d'origine
portugaise du XVIIIe siècle qui a débarqué également au Brésil vers cette époque.
n lundu: le lundu ou lundum
est une danse d'origine africaine, populaire au Portugal au XVIe s. Son côté
licencieux était déjà attesté vers la fin du
XVIIIe s. C'est également vers cette même période que le lundum
débarque au Brésil, où, accompagné d'une guitare,
il devient assez populaire. Sa sensualité a fait qu'il ait été
frappé de censure par la Cour portugaise et par le Pape. Cette sensualité
impliqua effectivement dans l'interdiction du lundu. Cependant, un peu en cachette,
le lundu réapparaît dans les Etats de São Paulo, Minas Gerais
et Pará (île de Marajó, surtout).
n
fado: la célèbre chanson nationale du Portugal, à
l'air mélancolique, fataliste et triste. Le fado a été introduit à Lisbonne
après le retour du Brésil du Roi du Portugal D. João VI. Certains affrment
que son origine est celle du lundu ou lundum de la colonie.
n modinha: "de la deuxième moitié
du XVIIIe s. à la moitié du XIXe s., il s'agissait d'un genre de
romcancede salon (...) et inspirée, quant à la forme, de l'aria
de l'opéra italien". (Novo
Dicionário Básico da Língua Portuguesa, FOLHA/AURÉLIO,
Edité par la FOLHA DE SÃO PAULO et NOVA FRONTEIRA).
Après 1850, "c'est un genre de chanson populaire urbaine accompagnée
à la guitare" (Id.).
n lundu-canção:
ce genre de lundu (voir ci-dessus) est surtout joué et dans dans les salons.
n jongo: le même que caxambu. Le caxambu,
dans le Minas Gerais, est un tambour assez grand utilisée dans une danse
qui porte le même nom, connue également sous le nom de jongo.
Le rythme avait déjà des airs de la samba actuelle.
n samba: revoir l'Introduction,
si nécessaire.
n coco: le coco est originaire du
Nordeste et plis précisément, de l'Etat d'Alagoas.
Il s'agit d'une danse populaire ou espèce de ronde accompagnée de
chants ou de percussions.
n maxixe: c'est
une danse qui a apparu à Rio de Janeiro, vers 1870-80, résultat
d'influences des rythmes africains, de la habanera et de la polca. Avec un tempo
binaire, assez rapide, le mouvement était suivi par le mouvement des hanches
des danseurs, tel le mouvement d'une vis. A partir de 1920 le maxixe cédera
peu à peu le pas à la samba.
n
choro: le choro est, de tous ces rythmes celui qui le plus proche
de nous du point de vue chronologique, car il apparaît vers la fin du XIXe
siècle. Autre rythme purement carioca, le choro est joué,
à l'origine, avec une flûte, une et une petite guitare (cavaquinho).
Plus tard, on ajoutera une clarinette, un trombone, etc.
A l'exception
du fado et de la fofa, toutes ces danses et ces rythmes sont encore
plus ou moins courants de nos jours, d'une région à l'autre du pays.
n
Autres danses et rythmes du Brésil: à suivre.